Budget 2027 : beaucoup d’efforts annoncés, peu de choix assumés

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Gueule

Sur le papier, tout est là. Le Premier ministre Sébastien Lecornu présente un budget « offensif », avec un effort d’économies quasi sans précédent de 54 milliards d’euros. Sans lui, le déficit de 2027 approcherait les 6,5 % du PIB, prévient‑il. Avec lui, il atteindrait 5 %. Victoire ? Pas vraiment. La loi de programmation des finances publiques 2023‑2027 visait un déficit de 2,7 % à cette date. On a donc doublé la cible, et on appelle ça un redressement.

Ce qu’on n’aime pas, d’abord, c’est le flou. Le gouvernement promet un budget aux mesures « pour beaucoup, réversibles » par la majorité qui sortira des urnes en 2027. Et les décisions les plus sensibles, comme un éventuel gel des plus grosses retraites ou des APL, sont laissées au Parlement. Un budget qui se dit d’avance défaisable et qui délègue ses choix difficiles, ce n’est plus un cap, c’est une salle d’attente.

On n’aime pas non plus qui paie l’addition. Près de 5,5 milliards d’euros de contraintes vont peser sur les collectivités locales en 2027, au point que le président du Comité des finances locales parle d’une « annus horribilis » à venir. Les fonctionnaires verront leur point d’indice gelé, et les APL pourraient l’être aussi. Pendant ce temps, le gouvernement exclut toute hausse d’impôts : l’effort retombe sur les services publics du quotidien et sur les ménages qui dépendent des aides.

Et pendant qu’on rabote, la dette, elle, travaille. Sa charge augmentera de 10 milliards d’euros l’an prochain, et l’État devra emprunter près de 340 milliards d’euros en 2027. Chaque année de dérive rend la suivante plus douloureuse. On aurait aimé un budget qui ose trancher. On a un budget qui gagne du temps, à six mois de la présidentielle.

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