L'actu de la semaine, en coups de cœur et en coups de gueule. Édition du 7 octobre 2026.
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La mobilisation lycéenne et étudiante
Tout est parti le 21 septembre d’un seul lycée, Saint‑Exupéry à Créteil. Dix jours plus tard, le 1er octobre, plus de mille établissements étaient touchés dans toute la France
Cœur
par Léa
Ils ont 16 ans, et ce sont eux qui ont lancé le mouvement social de la rentrée. Tout est parti le 21 septembre d'un seul lycée, Saint‑Exupéry à Créteil. Dix jours plus tard, le 1er octobre, plus de mille établissements étaient touchés dans toute la France. On peut discuter la méthode. On ne peut pas leur reprocher de se taire.
Car ce qu'ils réclament n'a rien d'une lubie d'adolescents : des classes de plus de 35 élèves, des professeurs absents jamais remplacés, des bâtiments dégradés, des emplois du temps intenables. Ce n'est pas un slogan, c'est leur quotidien. Et ce sont les mêmes problèmes que les personnels de l'Éducation nationale dénoncent depuis des années. Les profs le disent, et les parents de la FCPE marchent à leurs côtés.
Mieux : ça bouge déjà. En quelques jours, le ministre de l'Éducation a annoncé une plateforme de concertation ouverte à tous les lycéens. Preuve que leur voix porte quand elle s'élève ensemble.
Les violences ? Elles sont réelles et indéfendables : des poubelles incendiées, des abribus détruits, des affrontements avec la police. Mais réduire tout un mouvement à ses débordements, c'est la meilleure façon de ne jamais entendre ce qu'il dit. On rêve de citoyens engagés à 30 ans ? Il faut accepter qu'ils commencent à 16.
Gueule
par Hugo
Personne ne conteste qu'il manque des profs ou que des classes débordent. Le problème n'est pas la colère, c'est ce qu'on en fait. Lundi 5 octobre, plus de 400 établissements scolaires étaient fermés en France. Derrière ce chiffre, il y a des centaines de milliers d'élèves privés de cours, y compris tous ceux qui n'ont rien bloqué et qui préparent le bac. Drôle de façon de défendre le droit d'étudier que d'empêcher les autres de le faire.
Ensuite, il y a la violence, et elle n'est pas marginale. À Besançon, des policiers et des pompiers ont été visés par des jets de pierres. Sur la seule journée du 1er octobre, 1 949 personnes ont été interpellées, et l'IGPN a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés. Quand des adolescents de 15 ans se retrouvent face aux gaz lacrymogènes, personne ne peut appeler ça une victoire.
Il y a aussi la récupération. À sept mois de la présidentielle, dans un climat politique électrique, chaque camp a intérêt à souffler sur les braises ou à les éteindre à son profit. Les lycéens risquent de devenir les figurants d'un combat qui n'est plus le leur.
Enfin, une porte s'est ouverte : le ministre de l'Éducation a lancé une plateforme de concertation à laquelle tous les lycéens peuvent contribuer. Imparfaite ? Sans doute. Mais une revendication se gagne aussi autour d'une table. Continuer à bloquer, c'est prendre le risque que l'on retienne les poubelles brûlées plutôt que les classes surchargées. Et ce serait le pire service à rendre à leur propre cause.
Coups de cœur
Aidants : ne les laissons pas seuls
Ils seraient entre 8 et 11 millions à épauler chaque jour un proche malade, âgé ou handicapé. Hier, la Journée nationale des aidants a porté un message qu’on aime : personne ne devrait aider seul.
Octobre : un mois en rose pour ne plus avoir peur
Des palaces parisiens aux casernes de pompiers, le mois de la lutte contre le cancer du sein se décline partout en France. Et derrière les rubans roses, un message qui sauve des vies : faites‑vous dépister
L’effet Zidane : les bleus nous font du bien
Des stades pleins, des jeunes qui s’éclatent, un sélectionneur qui célèbre les buts comme un supporter : en deux semaines, Zinedine Zidane a redonné l’envie d’avoir envie.
Rien dans ce camp pour l’instant.
Coups de gueule
Budget 2027 : beaucoup d’efforts annoncés, peu de choix assumés
54 milliards d’économies promises, un déficit qui reste à 5 % et des décisions sensibles renvoyées au Parlement ou au prochain gouvernement. Le dernier budget du quinquennat ressemble surtout à un exercice de survie.
Alpes 2030 : des Jeux d’hiver, une organisation dans le brouillard
Démissions en série, sites qui déménagent, président qui jette l’éponge : à moins de quatre ans des Jeux, le comité d’organisation donne surtout l’impression de chercher sa piste.
Porto‑Vecchio : on ne touche pas à la Vierge du Stabiacciu
Une statue arrachée de son socle en pleine nuit, par deux fêtards venus pour la saison. À Porto‑Vecchio, l’indignation est unanime.
Rien dans ce camp pour l’instant.