Gueule
Les Jeux olympiques d’hiver des Alpes françaises doivent s’ouvrir le 1er février 2030. Et à moins de quatre ans de l’échéance, une question revient : qui pilote vraiment l’avion ? Le 10 septembre, le président du comité d’organisation, Edgar Grospiron, a démissionné, emporté par une grave crise de gouvernance. Ce n’était pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu : depuis décembre 2025, la directrice des opérations, le directeur de la communication et le président du comité des rémunérations avaient déjà claqué la porte.
Pour le remplacer, on a fait au plus pressé : le comité a modifié ses statuts pour que son directeur général, Vincent Roberti, cumule temporairement les deux postes. Les grands noms, eux, se défilent. Martin Fourcade avait déjà refusé la présidence au départ, et Tony Estanguet, l’homme de Paris 2024, a écarté l’idée de prendre la relève.
Côté sites, c’est le même jeu de chaises musicales. Les épreuves de glace devaient se tenir à Nice. Elles ont été rapatriées en urgence à Lyon au printemps, après le refus du nouveau maire, Éric Ciotti, d’installer une patinoire provisoire. Et même à Lyon, rien n’est figé : début septembre, on évoquait déjà un déménagement du patinage de la Halle Tony Garnier vers Eurexpo.
Les élus locaux décrochent aussi. Dès décembre 2025, la Savoie, cœur historique des Jeux d’hiver, a suspendu sa participation aux réunions de préparation. Quant au Sénat, il a dit sa vive inquiétude face à cette crise de gouvernance, doutant de la capacité du comité à mener à bien un événement de cette taille.
Des Jeux, c’est un budget de plus de 2 milliards d’euros, dont un quart d’argent public. Avec une telle somme sur la table, les contribuables et les habitants des Alpes méritent mieux qu’un feuilleton. Une organisation solide ne se juge pas à la cérémonie d’ouverture, mais aux quatre années qui la précèdent. Et pour l’instant, la copie est brouillonne.